1928 : RETOUR  A LA VILLA DES GOELANDS

Le Grand Hôtel Avant sa modification


En 1928, lors de la cessation d'activité hôtelière, le sénateur de Haute Corse Paul Lederlin acheta Le Grand Hôtel des Goélands pour en faire sa villa d'agrément.

Les modifications effectuées ont eu pour but d'améliorer l'ergonomie des lieux (transformation de l'hôtel en demeure privée), d'améliorer la clarté intérieure et surtout la vue sur mer.

Un toit plus pentu fût construit SUR l'ancien toit, plus (trop ?) plat. Pourquoi ? Une explication pourrait-être la force du vent poussait l'eau de pluie sous les ardoises, occasionnant des problèmes d'infiltration... On supprima ses rambardes de pierre.

Au rez-de-chaussée. Côté Mer, la terrasse a été modifiée dans la forme, supprimant deux de ses piliers de soutien qui gênaient la vue sur mer. Quatre portes-fenêtres remplacent l'ancienne porte, toujours dans le soucis d'améliorer la vue sur mer.

Côté terre, la porte d'entrée est agrandie par quatre porte-fenêtres. Les escaliers situés de part et d'autre de l'entrée sont supprimés. Les deux portes sont transformées en fenêtres.

Au 1er étage. Une porte fenêtre double a été rajoutée aux deux portes-fenêtres existantes donnant sur la terrasse côté mer et la rambarde en pierre de la terrasse a été remplacée par une rambarde en fer forgé afin d'améliorer la vue sur mer.

Les deux terrasses situées au Sud-Ouest et au Nord-Est ont elles aussi vu leurs rambardes en pierre disparaître au profit de barrières en fer forgé, toujours afin d'améliorer la vue sur mer.

Côté terre, deux fenêtres ont été ajoutées de part et d'autre de la porte fenêtre donnant sur la terrasse qui a gardé sa rambarde en pierre.

Au 2nd étage. Deux lucarnes ont été ajoutées à l'aplomb des portes fenêtres de la terrasse côté mer.

Enfin, la Villa a été modifiée intérieurement, re-cloisonnée et re-décorée par Madame Marthe Lederlin elle-même assistée du décorateur André Camoin afin de satisfaire à cette utilisation privée, d'agrément.
Des salles de bains y ont été aménagées.

Après ré-aménagement par l'architecte d'intérieur, un inventaire photographique des aménagements réalisés fut fait.

Je suis en possession de l'unique l'exemplaire de cet inventaire composé de 36 photographies 18x24 cm montées sur carton, livrées dans une épaisse chemise de toile brune.


La Villa, après sa transformation côté Mer (N-O)

La Villa après sa transformation côté Terre (S-E)


INVENTAIRE PHOTOGRAPHIQUE DE L'AMENAGEMENT DE LA VILLA :

L'inventaire photographique


Rez-de-Chaussée - Le vestibule

RdC - Escalier vers le 1er étage

RdC - Escalier vers le 1er étage

1er étage - Salon

RdC - Escalier vers le 1er étage

Depuis l'escalier - Vue vers le 1er étage.

Vue de l'escalier depuis le pallier du 1er étage

Vue de l'escalier depuis le pallier du 2nd étage

Vue du pallier du 1er étage

Rez-de -Chaussée - Vestibule

1er étage - Salle à manger

Rez-de -Chaussée - Salon

Petit salon vu du pallier du 2nd étage

Rez-de -Chaussée - Salon

Une Chambre - Cheminée

Rez-de -Chaussée - Salon

1er étage - Salle à Manger

Vue du 2nd étage - Porte donnant sur la terrasse SE

1er étage - Salle à manger donnant au SE

1er étage - salle à manger, partie centrale, donnant au NO

1er étage - Salon

1er étage - Salon (côté sud)

Petit salon du 1er étage

1er étage - Salle à Manger vue du Salon (Côté nord)

Chambre d'amis

Boudoir de la chambre d'amis

Chambre de Mme Marthe Lederlin

Escalier vu du 2nd étage

1er étage - Porte donnant sur la terrasse SE

Chaire

Le chauffeur

Les communs

Vue sur Tal Infern depuis la terrasse NO

Descriptif de la décoration  intérieure

La décoration intérieure a été racontée par Charles Pomaret, rédacteur de l'article «La maison dans la mer de Paul Lederlin sur les rochers de Saint Guénolé» réalisé pour la revue «La Renaissance», numéro de septembre 1930 (p. 245 à 254). 15 photographies accompagnaient cet article.


«Sous le signe de la mer ! La mer, et ce qu'il faut pour la dompter, cette maison en est pleine. Sur trois des Quatre côtés de la maison, la mer roule sa frange immaculée

immaculée Même, les soirs de tempête, ou aux marées d'équinoxe, les embruns recouvrent le bâtiment, qui pourtant est haut de bord. Pour ces soirs-là, où la mer est maîtresse, on est entre hommes ; les femmes auraient peur.

L'éclairage, quand le disque d'or et de lumière se cache dans la mer, pour ne plus éclairer les hommes ? l'éclairage est tout marin : lampes de bord, fixes ou portatives, lampes « tempête », ancres marines dont les pointes cachent des ampoules. Finies les rampes. Bannis les plafonniers à l'insincère albâtre.

Le chauffage ? électrique, comme il sied au confort de 1930, mais par des tubulures comme on n'en voit que sur les chaudières des bateaux.

L'heure, la température, la pression atmosphérique, toutes les mesures du temps et de l'espace ? données avec précision, par des instruments exclusivement nautiques et choisis avec sûreté. Au milieu du hall d'entrée, un magnifique habitacle...

La décoration murale ? Sans excès, avec mesure, avec discrétion, des engins de mer et de pêche : filets bleus, pour la capture des sardines, rames entrecroisées, hélices, gravures anciennes de bateaux corsaires ; sous vitrine, à nu, aux murs, sur les bahuts, à même les tables, des bateaux de toutes dimensions, de toute époque, témoins des grands épisodes de la lutté des hommes, sur les mers. J'en ai compté près de cinquante. Ailleurs, on crierait au défi ; ici, on en voudrait encore. Il y en aura davantage, les ans à venir.

Le croiriez-vous ? le lit de l'hôtesse est une barque, et on ne s'insurge pas. A côté de cette barque inattendue, des meubles de bord, une écritoire, une armoire, du meilleur goût.

Pour convier les invités à table, pas de sonnerie anonyme et chevrotante : la cloche d'alarme, la trompe de brume.

Les invités, les amis ? mais oui, cette maison dans la mer, je l'ai dit, est faite aussi sous le signe de l'amitié, pour l'amitié. S'ils eussent été égoïstes, ou seulement soucieux de leur repos, les maîtres du bord se fussent contentés d'une chaloupe bien calfeutrée où l'on ne tient qu'à deux ; ils ont voulu un bateau de haut bord. Les seuls qui pourraient se passer d'amis, ils en ont voulu beaucoup — et des bons. Dix chambres les attendent, dix chambres claires, légères, mi-aériennes, mi-marines, coquettes, simples.

Pour la vie en commun, un formidable living-room, (23 m. 50) sur toute la longueur de la maison. Salle à manger, salon de musique, jeux, fumoirs, conversation, repos, tout est réuni, et ce n'est pas un chaos. Ici, Camoin triomphe et est justement fier ; l'hôtesse aussi. Pourtant, chacun des deux artisans de ce confort s'efface publiquement devant l'autre et affirme qu'il n'a-été qu'un diligent second.

Où est la vérité ? Peu importe, tant il est vrai qu'il n'est de beau que par l'effort commun.

Pour le surplus, lecteur, si tu veux des détails, observe les photographies reproduites ici- même. Aussi bien, comme l'homme aime mieux voir que lire, les as-tu vues déjà et tu ne t'étonnes plus que cette maison, je la nomme : de la mer et de l'amitié.»

Note KBCP :
Vous pouvez retrouver les quelques photographies jointes à l'articles parmi celles présentées au § «Inventaire photographique». Une seule photographie de l'article n'est pas présente dans cet inventaire : 

Chambre de Monsieur