SAUVETAGES DE LA STATION DE SAINT GUÉNOLÉ ( 1921 - 1939 )

Vous trouverez ci-après, la liste commentée des sauvetages réalisés par le canot de sauvetage de la station de Saint-Guénolé, mais aussi des sauvetages réalisés par de courageux particuliers de Saint-Guénolé et même aussi quelques informations diverses.

A noter : 
Les dates indiquées ne sont pas toujours au jour près. Je les ai rectifiées par recoupements dans la grande majorité des cas. Les noms des protagonistes est parfois fantaisiste, exprimés approximativement ou phonétiquement. Je les ai rectifiés par recoupements et connaissance des noms locaux...

Les commentaires et informations sont tirés des Annales du Sauvetage en Mer (ou des articles de la presse locale tels Ouest-Éclair, Le Finistère, la Dépêche de Brest, etc).
N.B. : Les « Annales du sauvetage maritime » ne sont pas archivées par la Bnf après 1939.

Code des couleurs :

Les sauvetages effectués par le canot de sauvetage
Les actes de sauvetage non effectués par le canot de sauvetage
Les sorties "blanches" du canot de sauvetage et autres informations diverses

26 juin 1921 - Sauvetage accompli par Jean-Marie Stéphan

(Article du journal «La dépêche de Brest» du 28 juin 1921)

SAUVETAGE. — Dans la soirée du 26 juin vers 18 h. 45, un garçonnet de huit ans, nommé Joseph Le Brun, de Saint-Guénolé, s'amusait dans une plate amarrée dans le port, quand, perdant l'équilibre, il est tombé a l'eau.

Témoin du fait, M. Jean-Marie Stéphan. marin pêcheur au même lieu, s'est immédiatement porté à son secours et a réussi à le sauver au moment où il allait disparaître.

Déposé peu d'instants après sur le quai, le jeune imprudent en a été quitte pour un bain forçé.

Toutes nos félicitations au sauveteur. 


24 septembre 1922 - Deux sorties d'exercice.

2 sorties d'exercice. Bon comportement du canot. (Info non issue des « Annales du sauvetage maritime»)

25 septembre 1923 - Assistance à l'entrée des canots par la passe de «Saint-Guénolé»

Le mardi 25 septembre 1923, M. Auffret, Eugène, membre du Comité de Sauvetage ayant donné l'éveil que la mer grossissait d'une façon inquiétante et que deux bateaux venaient de rentrer au port dont un avait perdu son annexe en entrant par le chenal de Groumily, vu que la grande passe était impraticable, vers 18 heures nous avons mis à la mer le canot de sauvetage Maman Poydenot armé en partie avec des volontaires, et il s'est aussitôt rendu dans la passe la plus dangereuse pour assister à l'entrée des bateaux dans le port, mais par suite de l'état de la mer et la direction du vent Ouest-Sud-Ouest, tous ces bateaux ont été obligés de doubler Penmarch pour aller se réfugier soit à Kérity ou à Guilvinec.

L'armement quoique étant composé presque exclusivement de volontaires a rempli son rôle d'une façon remarquable sous les ordres du patron titulaire Bariou, Pierre-Jean qui se trouvait à terre en ce moment venant de rentrer au port sans avaries.

Il n'y a eu aucun accident de personne à signaler.

Le Président du Comité de Sauvetage, Le Corre.  

6 juin 1924 - sauvetage accompli par J-M Savina, J Le Donge, V Stéphan, J Bellet et H Kerloch

Le 6 juin 1924, un petit canot de faible tonnage, « Marie-Anne » n° 4289, Guilvinec est sorti du port dans la matinée pour se rendre sur les lieux de pêche à la ligne, à deux milles environ à l'ouest du port, mer belle. Lorsqu'il voulut rentrer le soir, vers 17 heures, la mer était devenue mauvaise dans la passe et les lames brisaient par moment sur tout le travers, presque pas de vent, en un mot des lames de fond, le canot en entrant a été rempli par une lame déferlant sur lui et jetant le patron Chariot, Jean Louis hors du canot ; son frère , Charlot, Sébastien, est resté cramponné au canot, pendant que le patron, après le passage des trois lames, a pu regagner son canot à la nage et y est resté cramponné en attendant l'arrivée d'une embarcation qui s'est portée à leur secours aussitôt qu'on a eu connaissance de l'accident.

La dite embarcation était armée par des volontaires, il n'y avait pas de patron ; ce sont les dénommés Stéphan, Jean Marie, Savina, Jacques, Le Donge Jean, Stéphan Vincent, Bellet, Jean, Kerloch Henri, aussi méritants l'un que l'autre. Après avoir installé leurs avirons par un moyen de fortune quelconque (car il manquait des dames ou tollets) ils se sont portés sur les lieux du sinistre et ont été assez heureux, grâce à leur courage et à la rapidité du mouvement, d'amener avec eux leurs deux camarades naufragés sains et saufs à terre, une vingtaine de minutes après l'accident.

Le canot ayant subi une légère avarie, a été retrouvé le soir même par une autre embarcation.

Le syndic des gens de mer, Secrétaire du comité de sauvetage, Velly.
(Rapport transmis par M. Chapalain, Président du Comité de sauvetage). 
 

7 octobre 1924 - Secours au Bateau de pèche Saint-Vincent

7 octobre 1924: Bateau de pèche Saint-Vincent

Le canot de sauvetage Maman Poydenot a eu à intervenir le 7 octobre 1924, à l'entrée des bateaux de pêche dans le port, vers 13 heures, pour se porter au secours de deux hommes qui se trouvaient dans le canot annexe du bateau de pêche « Saint-Vincent » du port de Saint-Guénolé, patron Kerfriden, Vincent, inscrit à Guilvinec n° 10.938. Le dit annexe a été rempli et chaviré par une lame en entrant par la grande passe ; aussitôt le patron a fait larguer la bosse de l'annexe, pour lui permettre de manœuvrer pour sauver ses deux hommes et, au bout de 5 à 6 minutes, il fut assez heureux de recueillir l'un d'eux, le deuxième qui était un peu engagé dans les filets à sardines et maintenu à la surface par les filets, a été sauvé également par le canot « Aiglon III », patron Jégou, Jean. Une dizaine de minutes en tout après l'accident toutes les embarcations étaient rendues à la cale de débarquement avec les deux hommes qui avaient été précipités à la mer et recueillis sains et saufs.

Le syndic des gens de mer, Secrétaire du Comité de Sauvetage, Velly.

(Rapport transmis par M. Chapalain, Président du Comité de sauvetage.)
 

6 décembre 1924: Assistance À l'entrée des canots par la passe de «Saint-guénolé»

Le 6 décembre 1924, vers 17 h. 30, au moment où les bateaux de pêche commençaient à rentrer au port, la mer était très mauvaise malgré qu'il n'y avait que très peu de vent : la grande passe était impraticable et le Comité a décidé de mettre le canot de sauvetage Maman Poydenot à la mer qui était basse à ce moment, et la corvée a été pénible, vu que le personnel qui s'est dévoué pour le lancement du canot a été obligé de se mettre dans l'eau jusqu'à la ceinture.

L'armement du canot a été constitué en partie par des volontaires, en l'absence du patron et du sous-patron qui étaient en mer. Jean Souron, canotier titulaire, a été désigné par le Comité pour remplir les fonctions de patron.

Le canot Maman Poydenot ainsi armé et l'équipage régulièrement équipé, a quitté le port vers 18 heures et s'est rendu dans la passe de Groumilly pour convoyer les canots annexes, surtout, chargés de poisson pour rentrer au port et n'a quitté les lieux du danger que quand le dernier bateau est rentré, convoyé au port, comme les précédents, vers 3 heures du matin. Ce personnel, très dévoué, mérite des éloges pour être resté dehors tout mouillé pendant 9 heures de temps à son poste de veille dans la passe de Groumilly pour assurer la rentrée des différents bateaux dont nous n'avons heureusement aucune avarie à signaler, grâce à l'intervention du canot de sauvetage envoyé sur les lieux où la mer était la plus mauvaise.

Dans cette sortie de nuit, nous avons fait usage de la lanterne Coleman qui a été remise à bord et a servi à donner l'éveil aux embarcations, qui se présentaient dans la passe, que le canot de sauvetage était sur les lieux.

Le Syndic des Gens de Mer, Secrétaire-Trésorier, Velly.
  

8 février 1927 - Sauvetage accompli par Pierre-Jean Bariou, Alain-Marie Tirilly, Louis Buannic et Jean-Louis Stéphan.

Le 8 février 1927, vers 16 h. 30, Bariou (Pierre-Jean) patron du canot de sauvetage, Tirilly (Alain-Marie), Buannic (Louis), Stéphan (Jean-Louis), marins pêcheurs, ont armé précipitamment un canot annexe pour se porter au secours d'un canot chargé de goémon venant de l'Ile Conq, et chaviré par une lame par le travers de la Grande Passe, en rentrant au port. Le canot naufragé était armé par les nommés Hélias (Ambroise), et son fils Alain qui étaient cramponnés à la coque de leur embarcation en attendant du secours. Le canot sauveteur, arrivé sur les lieux 20 ou 25 minutes environ après l'accident, a été assez heureux de recueillir les naufragés et de les ramener à terre sains et saufs ainsi que leur embarcation.

Sans l'intervention du canot sauveteur, les naufragés se seraient certainement noyés, étant dans l'eau tout habillés et transis de froid.

Le Syndic des Gens de mer, Secrétaire du Comité de Sauvetage, Velly.  


28 juillet 1927 - Sauvetage du Canot de pêche Notre-Dame-de-la-Joie
sauvetage accompli par les canots Gustave-Zédé et l'étoile-ester 

Le 28 juillet 1927, vers 7 h. 40 du matin, le canot de pêche Notre-Dame-de-la-Joie revenait d'Audierne avec une forte brise de l'ouest. Au moment où il se présentait pour entrer dans le port, il fut chaviré par une lame dans la grande passe et le personnel fut précipité à la mer. Aussitôt le canot de sauvetage Maman-Poydenot fut mis à l'eau et il arriva sur le lieu du naufrage un quart d'heure après l'accident. La basse, dite La Grande-Voleuse, brisait d'une façon inquiétante, la passe présentait de grands dangers et il fallut un grand courage aux canotiers pour s'y engager. En se servant de va-et-vient établis avec les filins et lignes de sauvetage du canot on put recueillir au milieu des brisants et hisser dans le canot de sauvetage, d'abord et à la fois, le patron Hélias Jean-Louis et Nicolas Daniel. A une deuxième reprise on put recueillir Sinou Corentin. Le canot dut rester vingt minutes dans les brisants et subir le choc de très grosses lames.

Deux autres embarcations dont l'une à moteur, « Étoile-Ester », sorties avant le canot de sauvetage sont restées en dedans des brisants et ont recueilli trois naufragés poussés par la mer à l'abri en dedans des brisants. Mais il a été heureux que le canot de sauvetage ait eu les qualités suffisantes pour aller jusqu'à l'intérieur des brisants chercher ceux qui s'y débattaient.

Le canot à voile « Gustave-Zédé » qui se préparait à aller lever ses casiers a réussi à sauver également un naufragé poussé à l'abri des brisants.

Je dois signaler le courage de Jeanne Le Corre, femme Guénolé Joseph qui n'a pas hésité à se mettre à l'eau jusqu'à la ceinture pour aider à la mise à l'eau du canot.

Le Président du Comité de Sauvetage, Chapalain.  


29 janvier 1929 - Assistance au trois-mats « Pomorze »

Le dimanche 29 décembre 1929, vers 9 heures, par une tempête du sud-ouest, nous avons remarqué dans le lointain en face de Saint-Guénolé, un voilier (trois-mâts) désemparé et chassé par la tempête dans la direction de la Pointe de Penmarch. Aussitôt l'alarme est donnée à tous les canotiers de la station, et le canot de sauvetage Maman-Poydenot est sorti sous la direction du patron Bariou et du sous-patron Baltez, prêt à intervenir.

Chassé toujours par la tempête et le courant, le voilier passe à toucher les récifs de la Pointe de Penmarch. Comme il nous est impossible de porter secours au bateau en détresse par mer, le Comité décide, vers 9 h. 30, d'envoyer le bateau de sauvetage par la route à Kérity, sachant que le voilier n'aurait pas pu passer le large des Etocs.

Le Maman-Poydenot est arrivé sur son chariot, remorqué par un camion, à Kérity, vers 11 h. 30, il a été aussitôt lancé et s'est dirigé ensuite vers le voilier en détresse dans le chenal du Branquet, où les bateaux de sauvetage de Kérity, Saint-Pierre et Guilvinec étaient déjà.

A ce moment nous avons constaté que le voilier était déjà mouillé, mais nous ne pouvions lui apporter aucun secours, la mer étant trop grosse et brisant partout autour du voilier.

Au bout d'un certain moment, voyant que la mer et le vent grossissaient toujours, nous avons décidé de mouiller notre canot comme les autres bateaux de sauvetage. Nous nous trouvions à environ 500 à 600 mètres du voilier, prêts à intervenir si les ancres avaient cédé. Nous sommes restés sur les lieux de 11 h. 30 à 19 heures.

Ne pouvant intervenir et trempés, les équipages décident de se relever par moitié pour se changer, aussitôt reprenant leur place derrière le voilier où nous restons jusqu'à midi le lendemain 30 décembre. Le voilier restant toujours dans les mêmes conditions de danger, nous reprenons vers les 20 heures notre ancien poste, que nous avons conservé toute la nuit du 30 au 31. Avant le jour, vers 6 heures, voyant que la mer s'était un peu calmée, nous avons décidé d'approcher du voilier et avons pu l'accoster vers 6 h. 30 en compagnie du canot de sauvetage à moteur de Guilvinec. Le voilier Pomorze lance à nos deux canots de sauvetage des amarres.

L'équipage du voilier se décide, au bout d'un moment, à descendre de préférence à bord du canot de sauvetage de Guilvinec, qui est à moteur et qui a plus de place que nous à son bord pour recevoir les naufragés.

Aussitôt le sauvetage terminé, nous nous sommes rendus à la cale de Kérity (vers 9 heures) et nous avons ramené le canot par la route, à Saint-Guénolé dans l'après-midi.

Le Président du Comité de Sauvetage, Chapalain.  


Le Pomorze

Pour en savoir plus : Le sauvetage du Pomorze


24 décembre 1932 - Assistance à bateau de pêche en difficulté

Le 24 décembre 1932, le canot de sauvetage Maman-Poydenot venait d'être rentré dans la maison-abri à la suite d'une sortie d'exercice, lorsque l'on aperçut un bateau de pêche se dirigeant vers le chenal de Groumilly. Sachant que ce chenal brisait et que le passage était difficile, le patron Pierre Bariou et le sous-patron Vincent Baltez rappellent aussitôt l'équipage et le canot de sauvetage Maman-Poydenot reprend la mer. Mais quand il arrive sur les lieux, le bateau de pêche s'étant rendu compte que la passe est infranchissable, les lames déferlant continuellement, a viré de bord et va chercher meilleure chance vers un autre port voisin, il entre avec de grandes difficultés à Kérity.
L'équipage du canot de sauvetage Maman-Poydenot est rentré transi de froid tellement il avait reçu de paquets de mer.

Le Président du Comité de Sauvetage, Chapalain.


15 octobre 1934 - sauvetage accompli par Pierre Le Brun

Dans la soirée du 15 Octobre 1934, un pêcheur de Penmarc'h quitte la terre dans une petite annexe pour gagner son bateau mouillé au large. Il fait nuit, le temps est mauvais ; un coup de mer enlève l'aviron de godille. Le courant porte la frêle embarcation vers la haute mer. Le malheureux pêcheur désemparé lutte avec une énergie désespérée. Il essaie de pagayer avec ses deux sabots. Tous ses efforts sont vains. Épuisé de fatigue, il tombe inanimé au fond de son embarcation et dérive ainsi toute la nuit sans une goutte d'eau pour se rafraîchir, sans un morceau de biscuit pour réparer ses forces.

Il semble irrémédiablement perdu quand, dans l'après-midi du lendemain, en pleine tempête, l’œil vigilant du patron Le Brun se pose sur un petit point noir ballotté de lame en lame. Le Brun n'hésite pas à abandonner sa route et à courir les risques qu'entraîne une manœuvre l'obligeant à venir en travers à la lame. Il recueille et ranime le malheureux qui avait depuis longtemps abandonné tout espoir de salut. Mais Le Brun n'a pas seulement sauvé un pauvre pêcheur, il a sauvé une famille entière. Car le malheureux naufragé est un père de 6 enfants, dont l'aîné n'a que 8 ans, et son modeste gain est la seule ressource de cette nombreuse famille.
Pierre Le Brun est le patron du bateau de pêche Jacques-et-Lucien et est canotier de sauvetage de la station de Saint-Guénolé-Penmarc'h.

Pour ce sauvetage, Pierre Le Brun recevra une médaille d'argent ainsi que la prix Maurice Théry (400 francs)

31 Mars 1935 - Sauvetage de deux naufragés

Le 31 mars 1935, à Saint-Guénolé, se sont portés au secours de deux naufragés dont la plate avait été retournée par une forte lame, et après une heure d'efforts ont réussi à les recueillir et à les ramener à terre sains et saufs.

Pour ce sauvetage, l'équipage du Maman Poydenot a reçu le Prix de Mlle Falaise (500 francs) à Baltez (Vincent), sous-patron du canot de sauvetage de Saint-Guénolé et aux matelots : Tanneau (Jean) ; Tanniou (Nonna) ; Lautrédou (Jean) ; Le Brun (Jacques) ; Pochic (Roger), mousse.
Le patron Baltez (Vincent) a reçu la Médaille de Vermeil. (Le patron Baltez a accompli antérieurement plusieurs sauvetages). 
 

19 février 1936 - Recherche des naufragés de la Pinasse à moteur Rosa-et-Malvina

Le 19 février, vers 15 h. 30, alors que j'étais occupé au nettoyage de mon bateau, je fus alerté par des cris de plusieurs personnes qui circulaient sur la cale ; un canot à moteur qui rentrait de la pêche à la langoustine venait de chavirer dans la grande passe, à 50 mètres environ de la nouvelle jetée. Aussitôt, je me suis dirigé en toute hâte vers l'abri du canot de sauvetage, d'où je pus alerter plusieurs hommes de l'armement, et aidés de plusieurs volontaires nous armèrent le canot de sauvetage Maman-Poydenot. À noter que plusieurs femmes avaient pris part au lancement, beaucoup d'hommes étant encore en mer.

Aussitôt nous nous sommes dirigés vers les lieux du naufrage. En ce moment la mer était très houleuse. Poussés par un fort vent d'Ouest, nous n'avons pu malgré de grandes difficultés accoster le bateau naufragé qui venait d être drossé sur les récifs gauche de la grande passe, les trois occupants ayant déjà disparus.

Le bateau naufragé était la petite pinasse à moteur Rosa-et-Malvina montée par trois hommes dont Volant (Pierre-Marie), patron, père de 7 enfants âgés de 3 à 16 ans, son fils Pierre de 16 ans et enfin le matelot Seuilles Jean-Marie, 34 ans, père de 2 enfants.

Après plusieurs heures de recherches dans les environs nous n'avons pu retrouver aucun membre de l'équipage. Nous sommes restés sûr les lieux de l'accident jusqu'à la rentrée des derniers bateaux, et vers 20 heures, nous sommes rentrés dans le port et avons mouillé le canot de sauvetage qui a été rentré dans son abri à la marée du lendemain.

Je tiens à signaler la rapidité avec laquelle le canot fut mis à la mer, car dix minutes après le naufrage, nous étions sur les lieux.

Le patron du canot de sauvetage, Bariou.
(Rapport transmis par M. Chapalain, Président du Comité de Sauvetage).
  

31 octobre 1936 - Sauvetage accompli par henri Donnard

Le 31 octobre 1936, à 6 heures du matin, par une violente tempête de N.-O. et mer démontée, un canot-annexe chavire avec six pêcheurs gagnant leurs bateaux amarrés sur des corps morts, au large.

Le patron Donnard, qui est dans l'embarcation, réussit le premier à atteindre le quai à la nage. Mais voyant ses camarades en danger il n'hésite pas à se jeter à nouveau à l'eau à deux reprises pour aller les aider. Bien qu'épuisé, il embarque encore dans une embarcation pour porter secours au dernier des malheureux qui, à bout de forces, allait couler.
Pour ce sauvetage, Donnard (Henri), patron-pêcheur à Saint-Guénolé, a reçu le Prix Marie-Antoinette Bourgeois (1.000 francs) et la Médaille d'Argent.

Dans les Archives des Annales du sauvetage en mer, le 2ème semestre de l'année 1937 est manquant. Les rapports de sauvetages du 2ème semestre seront donc tirés d'article de journaux. 

5 octobre 1937 - Sauvetage accompli par le jeune Yves Le Pape

Le 15 octobre, à Saint-Guénolé-Penmarc'h, Le Pape (Yves), apprenti-mécanicien âgé de 16 ans, s'est jeté à l'eau tout habillé et a sauvé un enfant de 9 ans tombé dans le port.

Pour ce sauvetage, il a reçu la Médaille de Bronze et le Prix Raoul Guérin (100 francs).

2ème semestre 1939 - « Annales du Sauvetage Maritime »

Note de la rédaction :

À la demande du Ministère de la Défense Nationale, la Fédération des journaux et revues français s'est engagée, le 11 Mars 1939, à réduire, dès le jour de la mobilisation générale, le nombre de pages des périodiques.

Nous devons donc nous excuser de présenter à nos lecteurs des exemplaires réduits des Annales du Sauvetage Maritime.

Mais nos Annales ont un caractère particulier. Leur raison d'être est de publier le récit d'actes qui ne doivent pas rester cachés et qui constituent des exemples de nature à accroître la confiance de notre pays en ses marins.

Nous nous contenterons de publier les comptes-rendus des sorties de nos canots de sauvetage.

Toutefois, les rapports relatifs à un grand nombre de sorties occasionnées par des événements de guerre ne peuvent, pour des raisons d'intérêt national, être publiés.

Ils le seront plus tard avec des commentaires qui montreront le rôle primordial joué par les marins durant la première phase de la guerre impitoyable où nous sommes engagés.


28 mars 1941 - Essai périodique 

1h 45 de navigation aux avirons. Bon comportement du canot (Info non issue des « Annales du sauvetage »)

12 mai 1949 - Essai périodique

1h 30 de navigation. Bon comportement du canot. (Info non issue des « Annales du sauvetage maritime »)